I. La notion de pouvoir

A. Qu'est-ce que le pouvoir ?

 

1. Définition.

Le pouvoir est la capacité d'agir, de réaliser un objectif ou d'obtenir un effet recherché.

Robert Dahl (politologue américain) définit le pouvoir comme la capacité pour A (un ou plusieurs individus) d'obtenir de B (un ou plusieurs individus) ce que B n'aurait pas fait sans l'intervention de A.

Selon le sociologue allemand Max Weber (1864-1920), le pouvoir est « la capacité d'imposer sa volonté dans le cadre d'une relation sociale, malgré les résistances éventuelles ». L'exercice du pouvoir implique de trouver des personnes qui ont une disposition acquise à l'obéissance.

L'autorité est une forme de pouvoir mais ne doit pas être confondue pour autant avec le pouvoir. L'autorité désigne la capacité d'un individu à se faire respecter, en obtenant des autres des actions conformes à sa volonté. L'autorité est une qualité personnelle qui dans la relation à autrui permet d'exercer sa mission dans le cadre d'un pouvoir délégué.

Traditionnellement, on distingue plusieurs formes de pouvoir dans la société :

- le pouvoir législatif (Parlement qui vote les lois), le pouvoir exécutif (qui dirige les affaires publiques) et le pouvoir judiciaire (les tribunaux qui font appliquer les lois et condamnent les contrevenants) qui sont les trois formes de pouvoir détenues par l'Etat ;

- le pouvoir politique, le pouvoir économique, le pouvoir dans l'entreprise, le pouvoir dans la famille, le pouvoir dans l'école. Les lieux de pouvoir (ou s'exerce le pouvoir) sont multiples.

2. Le pouvoir politique.

Le pouvoir politique est un pouvoir qu'une personne ou plusieurs personnes exercent dans une société. Il existe de nombreuses manières d'exercer ce pouvoir, la plus évidente est celle du chef politique officiel d'un État. Les pouvoirs politiques ne sont pas limités aux chefs d'État ou aux dirigeants, et l'étendue d'un pouvoir se traduit par l'influence sociale que la ou les personnes peuvent avoir, et cette influence peut être exercée officiellement ou non.

Dans l'histoire le pouvoir politique a été utilisé nuisiblement ou d'une manière insensée. Ceci se produit, le plus souvent, quand trop de pouvoir est concentré dans trop peu de mains, sans assez de place pour le débat politique, la critique publique, ou d'autres formes de pressions correctives. Des exemples de tels régimes sont le despotisme, la tyrannie, la dictature, etc. Pour parer à de tels problèmes potentiels, certaines personnes ont pensé et mis en pratique différentes solutions, dont la plupart reposent sur le partage du pouvoir (telles que les démocraties), les limitations du pouvoir d'un individu ou d'un groupe, l'augmentation des droits protecteurs individuels, la mise en place d'une législation ou de chartes (telles que celle des droits de l'homme).

3. Les autres formes de pouvoir.

  • Le pouvoir judiciaire.

Le pouvoir judiciaire est l'un des trois pouvoirs constituant l'État. Il a pour rôle de contrôler l'application de la loi et sanctionner son non respect. Ce pouvoir est confié aux juges et aux magistrats, qui se basent sur les textes de lois (qui sont rédigés par le pouvoir législatif) pour rendre des décisions.

  • Le pouvoir dans l'entreprise.

Dans une entreprise il est légitime qu'il y ait un dirigeant pour guider les employés dans le travail. Dans le cas contraire, les salariés ne travailleraient pas forcément de manière efficace et correcte et en l'absence de contraintes, les tâches ne seraient pas forcément bien faites. Lorsque l'on prend l'exemple d'une entreprise privée, c'est le dirigeant qui a créé la société donc c'est lui qui représente l'autorité.

Dans l'entreprise, les principes de fonctionnement n'ont rien de démocratiques. Le pouvoir y est toujours légitimé par le haut, jamais par le bas, contrairement au principe de la démocratie politique. C'est en effet l'actionnaire qui nomme le dirigeant. Son droit de propriété sur l'entreprise lui confère ce pouvoir. L'actionnaire exerce donc un pouvoir unilatéral sur le salarié. Par ailleurs, les décisions de gestion sont prises par le dirigeant. Le salarié est payé pour exécuter ces décisions. L'entreprise ne peut fonctionner que sur ce déséquilibre des pouvoirs et des initiatives. La seule limite que rencontre ce type de pouvoir est dans les lois censées protéger les salariés. Mais souvent leurs effets cessent là où commence la vie interne de l'entreprise. L'entreprise se structure autour de l'autorité du dirigeant. Ce dernier peut être propriétaire et fondateur. Son pouvoir est alors étendu. D'abord parce qu'il cumule direction et propriété de l'entreprise. Mais aussi parce qu'en tant que fondateur, il possède et contrôle tous les éléments de l'activité. 

Le pouvoir exercé par les actionnaires

Dans de nombreuses entreprises, un groupe très limité d'actionnaires (propriétaires de parts d'entreprise) détient le pouvoir de diriger l'entreprise. S'il y a démocratisation du capital, il n'y a pas pour autant démocratie dans l'exercice du pouvoir ; les dirigeants neutralisent très souvent les petits actionnaires.

La pression des actionnaires qui s'exerce sur les directions des firmes multination-ales pousse ces dernières à réduire leurs coûts et à licencier des salariés pour rester compétitives sur les marchés internationaux et pour satisfaire la volonté des fonds de pensions (actionnaires) américains. 

Le pouvoir exercé par les salariés et les syndicats

Assez spontanément, les membres de l'encadrement considèrent que les syndicats disposent dans l'entreprise, d'un réel pouvoir. Pourtant, leur pouvoir réel est très limité. En France, le pouvoir du chef d'entreprise reste très important. Il n'y a pas de réel contre-pouvoir. Ni les syndicats, ni le CE ne disposent d'un quelconque droit de veto lors des conseils d'administration.

 

Le pouvoir exercée par les clients

Les clients exercent aussi leur pourvoir sur l'entreprise à travers leur choix d'acheter ou non les produits de l'entreprise, d'en négocier les prix ou d'influencer l'offre des entreprises.

  • Le pouvoir dans la famille.

Dans la famille, les parents représentent la hiérarchie, ce sont donc eux qui détiennent le pouvoir. Ils dominent les décisions, les lois du quotidien, ont une influence sur tous les autres membres du groupe familial, et surtout, possèdent toute l'autorité. La famille est donc un lieu de socialisation où les parents se doivent d'exercer un certain pouvoir dans l'intérêt de l'éducation de leurs enfants. Mais l'on peut observer des évolutions et mutations du pouvoir familial. Ainsi, on rencontre des familles où des parents répressifs à l'extrême font de leurs enfants de véritables martyrs, ou, à l'inverse, d'autres où l'enfant est excessivement libre de ses faits et gestes.

Les parents ont un rôle déterminant dans l'éducation de leurs enfants. Le mineur doit se plier aux règles établies et est soumis à l'autorité de ses parents ou à l'un d'entre eux. Par exemple, les parents fixent les heures de sortie et les règles de vie en société, ainsi que les valeurs qui leur importent. Les relations parents-enfants sont essentielles dans le développement psychologique de l'enfant et contribuent notamment au rôle de socialisation de la famille. L'autorité parentale s'effectue jusqu'à la majorité, l'émancipation ou le mariage. Cette autorité assure à l'enfant la sécurité, les soins et l'appui moral nécessaire. Ce pouvoir comporte donc des droits et des devoirs de garde, de surveillance et d'éducation. Les parents exercent un pouvoir de direction, le plus souvent en commun. Depuis de multiples générations, le père est l'incarnation du pouvoir dans la famille. Aujourd'hui, la mère représente de plus en plus l'autorité, surtout en cas de divorce.

Dans le sens inverse, on dénote également un pouvoir exercé par l'enfant, qui font littéralement « la loi » à la maison mettant les parents dans des situation complexes. Parfois, cette situation est issue d'un désintérêt des parents et une quasi absence du lieu de vie laissant les enfants libres de leurs gestes et leurs faits.
On observe le plus souvent ce comportement chez les adolescents qui possèdent une totale autorité et liberté et arrivent à exercer des pressions morales et physiques sur leurs parents.

  • Le pouvoir dans l'école.

On peut observer différentes sortes d'autorités à l'école. Celles-ci varient suivant la situation dans laquelle un individu se trouve. Certaines sont exercées par des élèves sur d'autres élèves, soit par légitimité, soit par contrainte. Les professeurs aussi exercent une forme d'autorité, tout comme les délégués et l'administration.

Le pouvoir entre les élèves

L'école est un lieu important de socialisation. En effet, c'est en partie dans cette structure que les enfants vont construire leur personnalité et apprendre à lier des relations avec d'autres individus. On peut remarquer qu'il se crée une hiérarchie naturelle, que cela soit dans la classe ou dans la cour de récréation. Certains caractères se démarquent des autres. Un nombre d'enfants exerce une forme de pouvoir légitime sur leurs camarades, de par leur popularité, leur assurance et leur capacité à se faire écouter des autres. Cependant d'autres élèves imposent leur autorité par la contrainte. Elle peut se manifester sous forme de perturbation des cours, de violence, d'intimidation à l'extérieur de l'établissement (racket...).

Le pouvoir du délégué de classe

Il représente leurs camarades auprès de l'équipe pédagogique lors des conseils de classe. Il a le pouvoir d'exprimer l'avis de la classe sur un point précis et de défendre les intérêts des élèves.

Le pouvoir entre élèves et professeurs

Le professeur exerce une forme de pouvoir sur la classe. Il est par exemple de coutume qu'un élève écoute son professeur. Cependant, l'autorité de l'enseignant est plus ou moins respectée selon son charisme, sa façon d'instruire et d'encadrer sa classe. Ces paramètres peuvent être influencés suivant l'état d'esprit, studieux ou perturbateur des élèves.

Le pouvoir entre les professeurs

Le professeur principal a un certain pouvoir sur le reste du corps enseignant de sa classe. C'est lui qui organise le conseil de classe et fait le lien entre l'ensemble de l'équipe pédagogique.

Le pouvoir de l'administration

Le proviseur et son adjoint décide du règlement intérieur qui régie la vie de l'établissement. Ils représentent l'autorité principale au sein de l'école. Ils organisent les emplois du temps, décident du budget et des projets de rayonnement du lycée.

Le pouvoir du ministère de l'éducation nationale

Le ministre et ses collaborateurs choisissent les programmes scolaires suivis par les différents niveaux et régissent le système éducatif français. Les recteurs et inspecteurs sont chargés de représenter l'État au sein de chaque académie et département.

 

B. Les fondements du pouvoir.

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1. La contrainte.

Le pouvoir est une notion complexe, dont les fondements oscillent constamment entre légitimité et contrainte.

Pour que la vie en société soit possible il faut donc des lois, et pour que ces lois soient respectées, il faut un pouvoir qui oblige les hommes à s'y soumettre. Le pouvoir politique apparaît ainsi comme un pouvoir de domination qui ne prend pas en compte la nature de l'homme, le contraint et détruit ainsi sa liberté.

La contrainte est à rapprocher du pouvoir d'injonction reposant sur la coercition, c'est à dire la contrainte. L'injonction suppose l'emploi possible de la force (contrainte physique ou coercition).

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2. La légitimité.

La légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou en équité. La légitimité se fonde sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d'un groupe.

Max Weber (1864-1920), fondateur de la sociologie allemande, a réalisé des travaux sur la légitimité du pouvoir. Il en déduit trois formes différentes :

- la domination traditionnelle, la légitimité s'appuie sur le respect des coutumes et des traditions ;

- la domination charismatique, une personnalité jugée exceptionnelle par ses qualités est reconnue légitime ; 

- la domination légale, la légitimité vient du respect de la loi, des règles ou de la fonction.

La légitimité diffère selon les personnes, leurs états d'esprist, leurs personnalité, leurs différences sociales et hiérarchiques. Pour dominer et obtenir le pouvoir, il faut deja avoir de la volonté et avoir auparavant obéit à quelqu'un d'autre que soi-même.

Max Weber explique que « Toutes les dominations cherchent à éveiller et à entretenir la croyance en leur légitimité » (Economie et société, 1922).

Typologie des légitimités selon Max Weber

 

 

Modèle à suivre pour l'exposé

Modèle de présentation de l\'exposé

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